Célestin Bouchard

samedi 10 août 2013

Lumière sur les Mosaïcultures Internationales de Montréal 2013

Une féerie de couleurs de formes et de végétaux déployant des prouesses techniques de plus en plus gigantesques.

Devant l'homme qui plantait des arbres, nous ne pouvons que nous émouvoir. L'être de noblesse s'entoure d'arbres, de chevaux qui dansent, d'agneaux champêtres et du chien roux. Dans ce décor bucolique, de ses mains affectueuses, incliné contre le sol, il plante un petit arbre. Le personnage imaginé par Jean Giono, Elzéard Bouffier habite un espoir, une renaissance et surtout la conscience de redonner à la nature ses droits et sa floraison d'abondance.

Photo Jean Bouchard
     De sentier en sentier, de surprise en surprise, nous saluons Gaïa la Terre Mère à la chevelure en cascades de fleurs et de végétaux. Puissant symbole d'une offrande aux filles et fils de la terre. Notre mère nourricière à l'esprit de générosité, les yeux fermés, semble méditer sur le poids immense de ses racines meurtries, sur sa soif de pureté dans les eaux des rivières, des lacs, des fleuves et des océans; Elle semble vouloir respirer l'air pur, pour enfin redonner aux hommes de bonne volonté, son harmonie et son chant de gloire planétaire.

Et l'arbre aux oiseaux, un monumental défi à la réalisation technique, un puissant symbole d'élégance et de grâce évoquant un refuge, un sauvetage pour les oiseaux, les végétaux et beaucoup de tendresse pour les batraciens les plus faibles qui se collent amoureusement aux racines. L'arbre, un symbole d'enracinement, de verticalité et d'éclatement en son sommet, permet de relier les mondes. Splendeur, noblesse, mais aussi fragilité de la biodiversité sont les messages qui nous pénètrent.

Chapeau également aux doigts habiles des ciseleurs.

  Les Mosaïcultures Internationales de Montréal, une oeuvre collective monumentale dans l'orchestration des concepteurs, des sculpteurs des horticulteurs et des administrateurs. De la poésie à l'état pur.

Du 22 juin au 29 septembre 2013

lundi 11 mars 2013

La science et le contrôle de sa voix

La science a construit un miroir permanent, fidèle et accablant d'exactitude, qui décèle impitoyablement et photographiquement toutes les rides, même celles encore un peu perceptibles à l'audition directe, miroir qui donne à l'artiste la faculté de se placer dans l'exacte et passive position réceptrice de l'auditeur.

C'est l'enregistrement

Photo: Guillaume Lambert Extrait du projet  «Les distractions "sketchtuelles" en orbite» 
Sujet: Célestin Bouchard
Ne parlons pas encore de l'outillage de laboratoire capable de décomposer le spectre sonore


Composantes harmoniques? Outillage qui sera certainement un jour à la base de tout contrôle d'enseignement vocal, puisqu'il pourra permettre l'analyse physique du son chanté et de son dosage idéal en harmoniques graves et aiguës. Je me contenterai, dans ces notes qui veulent être avant tout pratiques, de parler des immenses services que l'enregistrement phonographique ordinaire, mais réalisé à l'aide d'appareils, d'ordinateurs, de programmes à la pointe, peut rendre aux artistes, aux professeurs et aux élèves.

L'enregistrement, en reproduisant les défauts vocaux, d'exécution et de style, est le seul moyen autocritique mis à la disposition d'un artiste lui permettant de se corriger et de s'améliorer, car les moindres fléchissements de sonorité : le ballottement, le trémolo, le chevrotement, le serrage, le grossissement, la poussée, les sons de gorge, de nez, etc. Tout y est reproduit fidèlement.

Il est à remarquer que beaucoup d'artistes sont très surpris en s'entendant pour la première fois. « Je ne m'entendais pas comme cela » telle est la première réaction


Il est certain qu'en effet nous ne possédons pas tous les éléments nous permettant de juger exactement les sonorités que nous émettons. En dehors même de la délicate et si personnelle perception auditive, la conduction osseuse, crânienne, à elle seule est un élément capable de modifier et même de déformer gravement nos perceptions personnelles de sonorité.

Quoiqu'il en soit, comme le dit si bien dans le livre Notes sur le chant: George Loiseau (1945) La perception sonore n'est certainement pas la même pour l'auditeur « que pour l'émetteur »

Un artiste ne s'entend pas et se rend compte difficilement de ses défauts. Il peut arriver aussi qu'un état de santé, même passager, altère ses moyens, lui fasse réaliser des compensations  physiologiques qui modifient ses résonances, ses appuis. Sa piste audio lui permettra de s'observer, de se contrôler et de rétablir son équilibre. L'enregistrement devrait donc être d'abord à la base de tout enseignement pédagogique, surtout dans les écoles de chant ou de musique. Des enregistrements devraient être effectués périodiquement pour chaque élève, ce qui permettrait de juger et de suivre ses progrès et surtout de se rendre compte, sur l'ensemble des élèves d'une même classe, de la valeur d'enseignement d'un professeur.
En fin d'année, ces comparaisons seraient très instructives et les progrès constatés pourraient faire l'objet d'une note spéciale entrant en ligne de compte pour la distribution des récompenses. Heureusement, certaines écoles prennent sérieusement l'enregistrement au sérieux.

On pourrait dire qu'il paraît dangereux d'étayer un jugement sur l'enregistrement phonographique (Numérique), étant donné qu' « il y a des voix phonogéniques et radiogéniques et d'autres qui ne le sont pas ».

Un ingénieur du son habile, connaissant bien les ressources d'un micro, peut à son gré, non seulement influencer le dosage réciproque des harmoniques graves et aiguës, mais encore amplifier considérablement, à la reproduction, le volume vocal. C'est ainsi que nous assistons, depuis un certain nombre d'années, à l'éclosion d'une nouvelle race de chanteurs dont les voix, spécialement placées, n'auraient, en dehors du micro, radio ou disque, aucune possibilité d'atteindre le public. Ces artiste possèdent souvent une voix médiocre, mais leur genre, équilibré entre la sonorité, l'art de dire et de phraser, justifient quelquefois aidé par une publicité habile une réussite commerciale. Malheureusement, pour rendre ces voix radiophoniques, il faut se livrer presque toujours à un travail technique anormal. C'est-à-dire sacrifier tout l'aigu au profit d'un grave, placé entièrement en poitrine et limiter ainsi l'échelle vocale homogène à quelques notes, suffisantes du reste pour interpréter ce répertoire de « charme » ou bien « réaliste ». Restons positif et changeons donc l'attitude de nos jeunes qui sont en recherche de leurs propres personnalités!